Un accouchement en bandes dessinées

J’ai toujours adoré la bande dessinée. Alors, entre deux corrections de cette fin de session qui n’en finit plus, je vous offre un petit résumé d’une histoire savoureuse d’accouchement.

C’est dans un livre de Anne Baraou et Fanny Dalle-Rive (2009), publié dans la très renommée maison L’Association, et où on suit le parcours d’Ugoline, maman proche de l’accouchement et au nombril proéminent (moi ça me fascine, ces nombrils qui montrent le bout de leur nez…).

Couverture de la prépublication avec seulement l’histoire d’Ugoline Saine. Les 6 histoires de Baraou et Dalle-Rive ont été regroupées sous un seul album en 2009. Mes citations seront sans page parce qu’il n’y a pas de numérotation dans le livre (saisie d’écran de la page 60 du Catalogue de l’Association 2010).

Il y a une délicieuse absence de faux-semblants, dans ce récit. Ainsi, on apprend dès la première page que Ugoline pète toute la journée, puis qu’elle s’endort n’importe où et qu’elle pisse dans sa culotte. On voit aussi l’espèce de décalage entre les livres sur la grossesse et la réalité. Elle lit tout plein de livres, mais ne semble pas plus éclairée pour autant. En plus, on l’appelle en plein milieu de n’importe quand pour lui demander de venir accoucher « parce que ça [les] arrange mieux maintenant » (!).

La page où Ugoline Saine assiste à des cours prénataux. Les conseils de l’animatrice pour la relaxation reviendront plusieurs fois (et elle répète toujours la même chose, ce qui est hilarant) (source de l’image: saisie d’écran sur le site BDNet).

Durant son travail, on lui interdit de manger (en passant, mesdames, c’est uniquement parce que les infirmières n’ont pas envie de ramasser votre vomi). Elle a un échange avec son mari (copain?) où elle lui raconte que : « Comme le Propess avait déclenché trop fort, ils m’ont piquée au Sufen mais alors j’étais toute groggy, alors ils ont perfusé de l’Ocyto et c’est reparti sévère mais la péridurale a tout calmé alors encore un coup d’Ocyto mais aille aille ouille et on repompe la péridurale… » Comme quoi, la surmédicalisation… on en reparlera, hein?

Elle finit par accoucher, mais ce n’est que le début de la catastrophe. Les infirmières, sages-femmes et aide-soignantes ont toutes un petit air sadique… Elles se mettent à trois pour assommer Ugoline de conseils qui n’expliquent rien et n’aident pas plus. L’hôpital est sale, la bouffe est dégueulasse, les gens entrent sans frapper dans la chambre…

Et puis voilà que surgit le chef de service gynécologique, à qui Ugoline s’écrit « Mon sauveur! [...] Excusez-moi, c’est que toutes ces femmes, depuis des jours, ces femmes qui entrent et sortent sans cesse, ces changements d’équipes de femmes… puis soudain, calmement, un immense homme noir! Vous ne pouvez pas savoir le bien que ça fait! ». Ça fait bien rigoler le médecin, mais je suis plutôt d’accord avec Ugoline… Qu’est-ce qu’on peut en voir, des visages différents, dans ces hôpitaux!

Ugoline a des problèmes à allaiter, et se fait raconter tout et son contraire… Il y a ensuite le dialogue avec une de ces femmes en sarrau (son rôle n’est pas identifié) qui explique: « Vous savez le personnel ici n’a ni la formation ni le temps… Alors tout le monde dit un peu tout et n’importe quoi. » AHHHHHHH enfin un commentaire lucide…!

Bon, je n’ai pas vécu exactement la même chose qu’Ugoline, mais bon sang que ça sonne familier…!

Sur ce, je vous souhaite bonne lecture et je retourne à mon crayon rouge!

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