Brève 3: Parce que j’ai trouvé ça très drôle ce matin

Je partage avec vous une image de my-one-favorite-quote.tumblr.com (source inconnue, via Facebook pour ma part).

Voir plus bas pour ma traduction. Source de l’image: my-one-favorite-quote.tumblr.com, via Facebook.

En prime, ma traduction:

« Les règles de la propriété d’un bambin

1. Si je l’aime, c’est à moi.

2. Si c’est dans ma main, c’est à moi.

3. Si je peux te le prendre, c’est à moi.

4. Si je l’avais il y a un instant, c’est à moi.

5. Si c’est à moi, ça ne peut JAMAIS sembler être à toi, de quelque façon que ce soit.

6. Si je fais ou construis quelque chose, tous les morceaux sont à moi.

7. Si ça ressemble à quelque chose que je possède, c’est à moi.

8. Si je l’ai vu le premier, c’est à moi.

9. Si tu joues avec quelque chose et que tu le déposes, ça devient automatiquement ma propriété.

10. Si c’est brisé, c’est à toi. »

 

Oui, définitivement, c’est bien vu!

Soins aux nourrissons en Égypte ancienne

J’ai déjà parlé un peu de l’Égypte, pour montrer les divinités chargées de protéger la maternité. J’aimerais décrire un peu ici les soins donnés aux jeunes enfants, toujours dans le même contexte culturel et historique (hé oui! j’ai lu un gros bouquin sur l’Égypte, autant que ça serve!).

Un des premiers éléments qui attirent mon attention est l’extrait suivant:

L’enfant reçoit naturellement sa première éducation auprès de sa mère, qui l’allaite pendant trois ans et le porte partout avec elle, tout comme le font encore les Égyptiennes aujourd’hui. (Erman et Ranke, 1994, p. 220).

 

Statuette de la déesse Isis allaitant son fils Horus (source de l’image: Wikipédia).

Il y a, bien sûr, le « naturellement » qui me fait sursauter. Pourquoi est-ce naturel, au juste? Quel est exactement la part de biologique là-dedans? C’est entendu, au bout de quelques jours/semaines, les nouveaux parents ont l’air d’avoir fait « ça » toute leur vie, d’avoir toujours eu ce petit être à trimballer, à nourrir, consoler, etc. Mais on oublie facilement la période d’incertitudes, de tâtonnements qui précède cette sûreté, cette réponse immédiate des parents qui semblent « savoir » ce que désire leur bébé.

L’allaitement pendant trois ans a de quoi faire bondir également. En tout cas, on en voit de toutes les couleurs à ce propos. Un article de la revue Allaiter aujourd’hui (de la Leche League France) de Didierjean-Jouveau (2007) fait un constat inquiétant: l’âge où l’allaitement est considéré comme inutile, voire pathologique, varie entre 3 mois et 1 an. Cependant, il faut savoir que l’âge du sevrage varie énormément d’une culture et d’une époque à l’autre. On parle même d’un accès au sein maternel jusqu’à 12 ans chez les Inuits (Leche League France, 2007)! Sujet à suivre, cela va sans dire!

Statuettes représentant la triade divine Osiris, Isis et Horus – . Osiris et Isis sont frères et soeurs, et mari et femme. Leur fils Horus, dieu à tête de faucon, est souvent représenté enfant, avec sa mère qui l’allaite (source de l’image: Wikipédia).

Toujours au sujet de l’allaitement, poursuivons chez les Égyptiens, avec l’intervention des nourrices qui remplacent la mère:

Ce n’est que dans les familles aisées, qu’une nourrice la remplace parfois; celle-ci semble alors jouir d’une considération particulière et, dans un livre de médecine, nous trouvons une recette pour provoquer la montée du lait chez une nourrice qui allaite un enfant. (Erman et Ranke, 1994, p. 220. Italiques des auteurs).

Nous reparlerons une autre fois de la médecine égyptienne (mise à jour: par ici), qui a longtemps fait référence, entre autres pour cette fameuse recette pour donner la montée de lait…

Pour l’habillement des enfants, on ne saurait trouver plus simple que chez les Égyptiens:

Sous l’Ancien Empire les garçons et souvent aussi les fillettes en bas âge circulent complètement nus, et un petit-fils du roi Chéops se contente encore de ce simple appareil, à un âge où il est déjà scribe de la maison des livres, c’est-à-dire où il fréquente l’école. Dès le Moyen Empire, les enfants de familles nobles ne sont presque plus jamais représentés nus – les idées sur les convenances se sont certainement modifiées en ce point. (Erman et Ranke, 1994, p. 220-221. Italiques des auteurs).

Bien sûr, tout le monde le sait: un bébé tout nu est inconvenant…! Encore un point sur lequel les cultures ne s’entendent pas: quelles sont les parties du corps qu’il faut cacher / montrer / décorer? Ça me fait penser que j’avais lu, je ne sais plus où, une analyse de la Joconde où on disait qu’elle portait les vêtements traditionnels d’une femme venant d’accoucher (1)

Je n’ai pas pu résister à vous mettre l’image de la Joconde. Ça me fait toujours un petit frisson de vous offrir des peintures classiques. À déguster (source de l’image: Wikipédia).

Par contre, les enfants, du moins ceux des dieux et ceux des rois, portaient la tresse sur le côté de la tête.

Une marque distinctive de beaucoup d’enfants est une natte tressée court, pendant au côté droit de la tête et que nous retrouvons aussi régulièrement sur les statues des dieux, lorsqu’ils sont représentés comme des enfants. Il ne m’est pas possible d’affirmer avec certitude si tous les enfants d’un certain âge ont porté cette tresse ou si elle constituait, à l’origine, un privilège pour l’enfant appelé à hériter, ainsi qu’on pourrait le croire d’après les tableaux de l’Ancien Empire. On ignore aussi pendant combien de temps elle était portée, en poésie, le royal enfant à la boucle est mis en opposition avec le garçon de 10 ans, mais le jeune roi Mernerê’ (VIe dynastie) garda la boucle jusqu’à la fin de sa vie; de même, les fils des rois du Nouvel Empire la portent encore à un âge avancé. À partir du Nouvel Empire, elle paraît d’ailleurs réservée aux princes et aux princesses royaux qui, – comme leurs modèles, les enfants des dieux – portent cette marque distinctive jusqu’à la fin de l’histoire de l’Égypte. (Erman et Ranke, 1994, p. 221. Italiques des auteurs).

 

Exemple de la tresse de l’enfance, ici sur le dieu Khonsou (dieu de la Lune) (source de l’image: Wikipédia).

L’usage de la tresse est, on le voit dans la citation, un peu nébuleuse. Il faut dire que les sources que nous possédons relatent principalement la vie des pharaons, et des classes nobles. Autrement dit, une grosse partie de la population n’a pas voix au chapitre, ce qui est bien dommage.

Un des rares exemples de vie familiale, celle d’Akhénaton et de sa reine Nefertiti. Trois petites princesses jouent sur eux, et on peut remarquer la tresse de l’enfance sur celle assise sur les genoux de la reine. Par contre, Akhénaton fait encore une fois montre d’originalité en se faisant représenter dans une scène quotidienne – il est renommé pour ses remaniements importants à la religion égyptienne entre autres (source de l’image: Wikipédia).

Finalement, avec quoi les enfants passaient-ils leur temps? Avec des jouets:

Les années d’enfance proprement dites, c’est-à-dire, en Égypte, les quatre années pendant lesquelles on a été un gentil petit, se passent, naturellement, comme dans n’importe quel pays, et quelques jouets conservés, datant du Moyen et du Nouvel Empire, montrent qu’en Égypte les enfants se sont amusés avec des jouets tout à fait semblables à ceux des nôtres: il y a des toupies en bois avec lesquelles les petits ont joué, des poupées en toile de lin et en bois, certaines avec des bras et des jambes articulés, il y a aussi un pantin broyant du grain et un crocodile en bois, joliment taillé, qui peut ouvrir et fermer la gueule. À côté de cela, on recherche volontiers, comme choses favorites, les fleurs et, avant tout, des oiseaux vivants, et même Sekhentkhak, le petit scribe de la maison des livres cité plus haut, ne dédaigne pas de traîner partout avec lui une malheureuse huppe. (Erman et Ranke, 1994, p. 220-221. Italiques des auteurs).

Il y a encore un « naturellement » qui me fait dresser les cheveux. Sinon, c’est assez attendrissant de voir les jouets décrits – poupées, pantins… Les fleurs et les oiseaux ne devraient pas surprendre chez ce peuple: ils étaient présents partout (non seulement dans la nature, mais aussi dans la décoration notamment). Néanmoins, je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour cette pauvre huppe.

Mise à jour: 18 janvier 2013

(1) Arasse (2004) analyse bien la Joconde dans son texte Histoires de peintures, mais ne parle pas des vêtements. On sait par contre que la commande de la peinture a été faite parce que cette femme avait donné naissance à 2 héritiers mâles.

Mise à jour: 25 décembre 2011 (lien pour l’image de Khonsou)