Les tests de grossesse et le contrôle de la fertilité des femmes

Il y a fort longtemps que la fertilité des femmes est un sujet important. On peut y déceler en arrière-plan une joute de pouvoir, entre plusieurs acteurs. Mon but n’est pas ici d’en faire une synthèse (même si c’est diablement tentant), et j’en parle simplement parce que je suis tombée ce matin sur ce petit article qui retrace l’histoire du premier test de grossesse moderne aux États-Unis, conçu par une femme qui a dû se battre pour faire aboutir son idée (et surtout, pour éviter que le produit ne soit un objet estampillé du marketing de mauvais goût « pour femmes »).

On a donc ici, en vrac, plusieurs de mes coups de gueule:

  • La prépondance des figures masculines pour décider si une femme/fille devrait ou non être enceinte (que ce soit parentale, matrimoniale, politique, religieuse, économique);
  • Les produits étiquetés « pour femmes », à peu de choses près les mêmes que « pour hommes » (sauf que c’est rose et avec des fleurs et plus cher), alors que les produits pour hommes sont considérés comme « neutres » ou « normaux »;
  • Le peu de reconnaissance des inventions faites par des femmes;
  • Le manque d’inventions (ou faites tardivement) pour des problèmes étiquetés comme « féminins » (ne me lancez pas sur les soutiens-gorges, parce que ça va saigner);
  • La mysogynie (en général et en particulier – et il se trouve que le domaine de la grossesse et de la maternité en est envahi);
  • Le fait qu’on me demande de rassurer/justifier/m’expliquer sur le préjugé que les féministes n’aiment pas les hommes (alors qu’un-e anti-féministe ne se fait pas demander s’il-elle déteste les femmes).

Il y a du chemin à faire.

Phrases de maman

Dans l’activité quotidienne d’élever un enfant, il y a des moments où se retrouve un peu coincé.e.s, entre l’obligation d’intervenir et le manque de temps (ou d’énergie, ou d’explications compréhensibles pour un jeune bambin).

En vrac, et sans aucune prétention, je vous offre ici mes phrases fétiches, qui règlent miraculeusement plusieurs problèmes.

  • « Il faut en laisser pour les autres »: permet de faire cesser les dépradations (la collecte, pardon!) de fleurs/coquillages ou autres, les abus de biscuits ainsi que les demandes non raisonnables dans les magasins de jouets. Bonus: apprend à l’enfant à partager, à prendre en compte les autres et à laisser un environnement en bon état pour les suivants (mes valeurs écologiques ressortent).
  • « Nous n’avons pas ton/son pyjama et ta/sa brosse à dents »: offre un argument « logique » imparable à la tendance de votre jeune à inviter des « ami.e.s » croisé.e.s par hasard dans la rue (surtout si vous ne connaissez pas vraiment les parents et l’enfant en question). Bonus: peut fonctionner sur les animaux et les toutous/poupées et éviter de les ramener chez vous.
  • « On ne touche pas un animal si on ne connait pas son prénom »: oblige l’enfant à se retenir d’essayer d’attraper des animaux sauvages (écureils, oiseaux…) et de s’informer auprès d’un humain du nom de l’animal (et du coup si on peut le caresser sans danger). Bonus: est efficace pour éviter de ramener des insectes/escargots/autres bestioles à la maison (voir aussi le coup du pyjama).
  • « Tu ne peux pas savoir que tu n’aimes pas ce plat si tu n’y goûtes pas d’abord »: développe le sens du goût (et de l’aventure) chez l’enfant. Bonus: peut faire découvrir des nouvelles saveurs, mais je dois avouer que ce n’est pas garantie comme efficacité (sauf pour forcer un peu la main à mon fils pour qu’il essaie ce que je lui mets dans son assiette).
  • (mise à jour: 15 août 2016) « Si tu ne le sais pas, qui le saura? »: permet d’obtenir une réponse autre que le sempiternel « Je ne sais pas » à une question (par exemple: « Veux-tu du lait? »). Bonus: fonctionne aussi avec les adultes et les adolescents.

Si vous avez d’autres trucs à partager, n’hésitez pas! C’est rare qu’il y en ait trop…

(Mise à jour: 16 août 2016, parce que j’avais oublié une de mes phrases.

4 juillet 2017: féminisation des termes)

Hyperactivité, turbulence et tourbillons

Lorsque j’emmène mon fils au supermarché, on me dit de plus en plus qu’il bouge beaucoup. Oui, il court un peu, oui, il veut « voir des autos » (et se plante devant la fenêtre pour regarder le stationnement pendant que je paie nos achats). Et ça me chicote ce matin: est-ce normal? Le fantôme de l’hyperactivité hante nos murs. Il paraît même qu’on parle de dépister l’hyperactivité chez l’embryon (Chiche, 2012)!!!

Qu’en est-il exactement du problème? Avec sa définition floue (« agitation motrice, déficit de l’attention, impulsivité » (Chiche, 2012)), il y a d’abord la nécessité de bien identifier le ou les comportements en question. Mon côté anthropologue sonne bien vite une sonnette d’alarme:

  • Est-ce qu’il y a « vraiment » des comportements excessivement agités dans toutes les sociétés et à toutes les époques?

Fourneret (2001) parle de 3 à 5% des enfants d’âge scolaire en Occident (statistiques stables entre 1980 et 2000) et remarque que la description de l’hyperactivité avait déjà été faite à la fin du 19e siècle. Si vous voulez mon avis, je trouve le constat de Wikipédia beaucoup plus pertinent: la fréquence des cas d’hyperactivité change énormément selon l’époque et la culture (entre 1% à Hong Kong et 25% aux États-Unis).

Donc: soit on fait face à un problème de définition de l’état de santé (qu’est-ce que « trop » d’agitation, versus une énergie « normale » chez un enfant?), définition qui changerait selon la culture (1), soit c’est un problème qui n’existait pas avant (ou qu’on identifiait mal), soit il n’existe pas partout (ni de tout temps). Si ma dernière hypothèse est la bonne, cela signifie qu’il faudrait chercher du côté des manières de vivre et de penser (et donc, des éléments culturels) pour comprendre l’apparition et le nombre de cas de cette « maladie ».

Se pourrait-il que l’hyperactivité soit en lien avec l’école? Je m’explique: les débuts de l’école – comme institution obligatoire pour presque tout le monde – date du milieu du 19e siècle en Occident, où on entreprend l’alphabétisation de la population (voir Wikipédia). Arrive ainsi le modèle de la classe, où l’enfant doit s’asseoir de longues heures, en se concentrant pour apprendre.

Peinture d’Albert Anker (en 1896), représentant une classe dans une école de village en Suisse en 1848 (source de l’image: Wikipédia).

La question que je pose est celle-ci: est-ce une « bonne » façon d’apprendre? Je veux dire que le standard de l’école occidentale n’est pas adapté à tous les élèves sans exception: certains ne s’y adaptent que difficilement, et d’autres pas du tout… Viennent alors à la rescousse les médecins et les entreprises pharmaceutiques pour contraindre l’enfant en mouvement à l’immobilité, toute la journée ou presque, à l’intérieur, sur sa chaise, sagement.

Cherchez l’enfant « pas sage » dans l’image: il doit rentrer dans le moule! (source de l’image: Wikipédia).

En passant, il y a déjà un bon moment qu’on s’interroge sur les difficultés de réussite qu’éprouvent les garçons à l’école… Pourquoi sont-ils habituellement moins bons que les filles? Est-ce parce que les filles sont plus intelligentes (*gros toussotement sarcastique*) ou bien parce que l’école est « conçue » dans une forme qui leur convient davantage (par notre façon de les élever ou par leur sexe???)? – Je ne mets en doute l’intelligence de personne, mais je ne peux pas me résoudre à une réponse aussi courte. – Disons que je préconise une revalorisation de l’exercice physique dans le cadre scolaire, avec intégration de périodes fréquentes pour bouger. Ça ne fera du mal à personne de s’aérer le cerveau un peu! Et je suis convaincue qu’un enfant qu’on laisse s’exciter à sa guise pendant un certain temps pourra ensuite se concentrer plus efficacement. Lâcher la télé, aussi. C’est mauvais pour les neurones de bébé (et de tout le monde aussi, j’en suis sûre!).

Passons maintenant en revue des causes « écologiques » mises au ban des accusés par rapport à l’hyperactivité: il y a les métaux lourds comme le plomb (« arrête de téter les tuyaux! »), les additifs alimentaires (des colorants et un conservateur: le benzoate de sodium), les pesticides et insecticides et la consommation d’alcool ou de tabac par la mère durant la grossesse (Wikipédia et Wikipedia). J’aimerais bien trouver s’il existe des études en rapport avec la consommation de sucre. (Mais, en même temps, comment faire une étude scientifique sur les résultats de l’absorption de sucre par les enfants alors que presque tout ce qu’on leur offre en est saturé???)

Je n’ai pas encore de réponses à toutes mes questions. C’est, encore une fois, un dossier à suivre.

Mise à jour (27 mars 2013): Il semblerait que l’hyperactivité soit plus présente dans les régions où on manque de soleil. Du moins, l’influence lumineuse sur le cycle circadien expliquerait environ 1/3 des cas de troubles d’attention (voir l’article de Sciences et avenir).

(1) Il y a aussi une question de sexe dans l’hyperactivité. Mais lequel? Wikipédia en (français) parle de 3 à 9 fois plus de filles et Wikipedia (en anglais) rapporte 2 à 4 fois plus de garçons… Difficile de savoir à qui se fier! Est-ce que c’est une maladie génétique « sexuelle » (en lien avec le sexe de l’enfant)? Ou bien est-ce parce que nous n’éduquons pas les garçons et les filles de la même façon:  un même comportement « agité » chez un garçon serait mieux toléré que chez une fille; ou encore les garçons seraient « éduqués » pour être plus turbulents (on sait que le comportement des adultes est très différent selon le sexe de l’enfant)???