Bétisier 2: La douleur chez le poupon

En y repensant, ou bien j’ai rencontré un nombre anormalement élevé de situations faisant ressortir l’incompétence de certaines personnes du domaine médical, ou bien je n’ai pas été chanceuse, ou bien tout s’est « normalement » déroulé (et c’est moi qui suis sceptique sur le bien-fondé de ces pratiques et idéologies).

Donc, je relatais dernièrement deux événements séparés dans le temps d’environ douze heures, et dont le lien ne m’était pas apparu auparavant. À savoir:

  1. Lors de mon accouchement, les battements cardiaques de mon fils ralentissaient à chaque contraction, ce qui avait l’heur d’énerver le personnel médical. Comme on me monitorait constamment, et que les fréquences cardiaques étaient audibles, tout le monde avait pris conscience du phénomène (sauf moi, qui étais trop occupée avec lesdites contractions). On a alors tenté de me convaincre qu’il me fallait une césarienne, parce que (et je cite): « Le bébé a mal à chaque contraction: son coeur ralentit. »
    Un cardiotocographe, appareil utilisé pour mesurer à la fois la fréquence cardiaque du foetus et les contractions de l’utérus de la mère (ou toco) (source de l’image: Wikipédia)
  2. À son premier matin, l’infirmière qui a examiné mon fils a dit qu’il avait le frein de la langue (ou frein lingual) trop court (qu’on appelle aussi ankyloglossie), ce qui pouvait expliquer ses difficultés à téter (et la très mauvaise nuit qu’il avait passé à pleurer constamment, sauf quand l’infirmière que je venais de sonner entrait dans la chambre). Le pédiatre a donc procédé le matin même à une frénotomie linguale (qui consiste à couper avec un ciseau le frein lingual). À froid. Oui, oui, vous avez bien lu. Mon fils n’a reçu absolument aucune anesthésie pour cette chirurgie. Le médecin nous a expliqué qu’il ne serait pas payé pour cet acte (parce que c’était trop simple, et que ça n’en valait pas la peine), que le bébé n’aurait aucune douleur, etc. En parallèle, notons aussi le grand nombre de fois où on a percé le talon de mon bébé pour faire des tests sanguins (ce qui le faisait inévitablement hurler et pleurer), tests fréquents au point qu’il avait en permanence des pansements aux deux pieds (!).
    800px-Frenulum_linguae
    Un exemple d’ankyloglossie, malformation du frein lingual, qui peut créer des problèmes pour téter, manger ou parler (source de l’image: Wikipédia)

Alors, de deux choses l’une: ou bien le foetus peut ressentir de la douleur, ou bien le poupon n’est pas sujet à la douleur. Dans le premier des cas, il faudrait vraiment beaucoup de bons arguments pour justifier tous les actes médicaux sans aucun souci pour les sensations du nouveau-né (en ce qui concerne mon fils, sa frénotomie et les percements des talons avec un scalpel ou un bistouri – j’avoue confondre les 2 instruments, mais seule la lame du bistouri peut être retirée). Je vois mal comment on passerait de l’état de foetus sensible à nouveau-né insensible!

Dans le deuxième des cas – inexistence de la douleur -, s’en servir comme prétexte lors de mon accouchement m’a tout l’air d’une stratégie peu honnête pour forcer la main à une patiente récalcitrante.

De toute façon, prétendre la chose puis son contraire (tout dépendant du contexte et pour rendre les manoeuvres médicales plus faciles pour ses exécutants) ne peut que miner la confiance entre les soignants et la parturiente. Et, à mon avis, il s’agit de fautes graves.

Toujours selon mon opinion, le nouveau-né ressent définitivement les stimuli auxquels il est confronté, ce qui implique la douleur. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de protestations verbales (il ne sait pas parler, le pauvre!) qu’il n’y a pas sensations désagréables: à preuve: les pleurs et les cris.

Pour le foetus, j’aimerais qu’on m’explique le lien entre fréquence cardiaque et sensations: une fois qu’on aura éliminé toutes les autres causes de fluctuations, je veux bien envisager la relation entre les deux phénomènes.

En attendant, je classe tout ce sujet comme d’énormes bourdes du personnel médical, où, encore une fois, le patient n’est pas en mesure de fournir un consentement éclairé.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>