Au menu aujourd’hui: sushis!

Une fois n’est pas coutume: parlons bouffe. En fait, je m’aperçois en y pensant que j’en parle assez souvent: allaitement, nourriture de chimpanzés, etc. Mais je n’en ai pas parlé tellement en ce qui concerne la maman (accomplie ou à venir).

En fait, mon intérêt pour une approche anthropologique de la maternité et de la grossesse m’est venu lors de ma propre gestation, (mise à jour) alors que j’ai dû faire face (et vous en avez sûrement entendu parler) à l’interdit de consommation de sushi durant la grossesse.

Différentes sortes de sushis: miam! l’eau me vient à la bouche! Je vous avoue, lecteur/trice, que je suis vraiment contente de ne pas être enceinte pour pouvoir en manger à ma guise (source de l’image: Wikipédia).

Bon, d’accord, il y aurait des raisons. J’en ai trouvé 2 des plus fréquentes:

  • la présence dans les sushis de poissons (comme le thon) qui sont haut placés dans la chaîne alimentaire, donc qui mangent eux-mêmes beaucoup de poissons qui sont contaminés avec des produits nocifs (comme le mercure) – ma réponse: éviter les sushis au thon!
  • le fait que les poissons dans les sushis ne sont habituellement pas cuits, ce qui pourrait causer la présence d’une bactérie, la Listeria monocytogenes, elle-même responsable de la listériose. Et là, on entre dans les horreurs pour le foetus et la femme enceinte: avortement ou accouchement prématuré, infections intra-utérines ou cervicales, etc.

En passant, dans ces liste abominables, on ne donne jamais de statistiques: combien de femmes enceintes ayant consommé des sushis ont réellement souffert de ces problèmes de santé? 1 sur 1000? 1 sur 1 000 000? encore moins (1)?

À noter aussi que, dans la majorité des cas (mise à jour: genre mon médecin!), on n’explique pas pourquoi on ne devrait pas manger de sushis enceinte. Et moi, ça me met dans tous mes états de ne pas comprendre.

Finalement, la question qui tue à propos de toute cette affaire: est-ce qu’on interdit aussi aux Japonaises de manger du sushi?

Comme je ne comprends pas le japonais, je n’ai pas encore de réponse. Mais si vous pouvez m’aiguiller, vous êtes plus que bienvenus!

Mise à jour (reformulations): 13 juillet 2012

(1) Je me suis aussi posée les questions suivantes:

  • Qu’est-ce qui est le plus dangereux: prendre sa voiture et faire un accident, ou manger des sushis?
  • Si le danger est tellement important pour les sushis, pourquoi n’interdit-on pas aussi les moyens de transport pour les femmes enceintes?
  • Pourquoi ne pas tout simplement enfermer les femmes enceintes à l’hôpital, avec menu contrôlé, jusqu’à leur accouchement, tant qu’à y être?

J’exagère, mais vous voyez où je veux en venir: je comprends parfaitement l’idée de gérer les risques en évitant des comportements notablement nuisibles pour la femme ou l’enfant.

Mais il y a aussi des risques qu’on ne peut pas éviter, à moins d’être un peu marteau et d’appliquer ma dernière solution – j’ai déjà expliqué à ma grand-mère qui avait peur que je marche jusque chez elle que je devrai éviter de me lever le matin, de peur de glisser sur une chaussette oubliée par terre et de me casser le cou.

Et il y a finalement des risques qu’on peut/doit choisir de courir (par exemple, de continuer à sortir de chez soi et de prendre une voiture). À ce sujet, il serait bien que quelqu’un nous fournisse les vraies statistiques de risque, histoire que nous puissions prendre des décisions éclairées: manger des sushis ou non, prendre une voiture ou non, traverser la rue ou non (oui, ça aussi, c’est dangereux!).

2 réflexions au sujet de « Au menu aujourd’hui: sushis! »

  1. Pour moi, la raison invoquée pour éviter les sushis était effectivement le risque de listériose. Selon une sage-femme de ma maternité, c’est cependant hyper rare et si le poisson est frais il n’y a pas trop de risque, donc pour elle il n’y avait pas vraiment de raison de se priver. En plus on peut manger des sushis surgelés, visiblement la bactérie ne survit pas à la congélation. Malheureusement les seuls sushis surgelés que j’ai trouvés étaient très mauvais, et je préfère encore m’en passer qu’en manger des mauvais !

    • Merci pour cette précision. J’imagine qu’on peut également essayer de faire surgeler soi-même des sushis « pré-approuvés » (comme ceux d’un restaurant où on mangeait avant sa grossesse). Je vais tenter l’expérience prochainement (pour le plaisir de la chose ;) ).
      J’ai oublié aussi de préciser dans mon article qu’il existe des sortes de sushis sans poisson cru, ce qui les rend acceptables pour une femme enceinte. Par exemple, des sushis végétariens (que des légumes), ou encore avec du porc ou du poulet (cuits, bien sûr!).

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