Brève 10: Longévité et grossesse tardive

Il y aurait un lien entre la capacité d’enfanter à un âge avancé (après 33 ans) et la longévité des femmes. En effet, dans une étude de la Boston University School of Medicine (BUSM) publiée en 2014, il y aurait de meilleures chances de vivre plus longtemps, puisque le système reproducteur vieillirait plus lentement chez ces femmes (tout comme le reste de leur corps). Attention de ne pas faire le raisonnement à l’envers: ce n’est pas le fait d’enfanter plus vieille qui fait vivre plus longtemps, mais bien une capacité génétique à vivre plus longtemps qui permet d’avoir des enfants plus vieille. Encore un exemple d’évolution.

Les tests de grossesse et le contrôle de la fertilité des femmes

Il y a fort longtemps que la fertilité des femmes est un sujet important. On peut y déceler en arrière-plan une joute de pouvoir, entre plusieurs acteurs. Mon but n’est pas ici d’en faire une synthèse (même si c’est diablement tentant), et j’en parle simplement parce que je suis tombée ce matin sur ce petit article qui retrace l’histoire du premier test de grossesse moderne aux États-Unis, conçu par une femme qui a dû se battre pour faire aboutir son idée (et surtout, pour éviter que le produit ne soit un objet estampillé du marketing de mauvais goût « pour femmes »).

On a donc ici, en vrac, plusieurs de mes coups de gueule:

  • La prépondance des figures masculines pour décider si une femme/fille devrait ou non être enceinte (que ce soit parentale, matrimoniale, politique, religieuse, économique);
  • Les produits étiquetés « pour femmes », à peu de choses près les mêmes que « pour hommes » (sauf que c’est rose et avec des fleurs et plus cher), alors que les produits pour hommes sont considérés comme « neutres » ou « normaux »;
  • Le peu de reconnaissance des inventions faites par des femmes;
  • Le manque d’inventions (ou faites tardivement) pour des problèmes étiquetés comme « féminins » (ne me lancez pas sur les soutiens-gorges, parce que ça va saigner);
  • La mysogynie (en général et en particulier – et il se trouve que le domaine de la grossesse et de la maternité en est envahi);
  • Le fait qu’on me demande de rassurer/justifier/m’expliquer sur le préjugé que les féministes n’aiment pas les hommes (alors qu’un-e anti-féministe ne se fait pas demander s’il-elle déteste les femmes).

Il y a du chemin à faire.

Phrases de maman

Dans l’activité quotidienne d’élever un enfant, il y a des moments où se retrouve un peu coincés, entre l’obligation d’intervenir et le manque de temps (ou d’énergie, ou d’explications compréhensibles pour un jeune bambin).

En vrac, et sans aucune prétention, je vous offre ici mes phrases fétiches, qui règlent miraculeusement plusieurs problèmes.

  • « Il faut en laisser pour les autres »: permet de faire cesser les dépradations (la collecte, pardon!) de fleurs/coquillages ou autres, les abus de biscuits ainsi que les demandes non raisonnables dans les magasins de jouets. Bonus: apprend à l’enfant à partager, à prendre en compte les autres et à laisser un environnement en bon état pour les suivants (mes valeurs écologiques ressortent).
  • « Nous n’avons pas ton/son pyjama et ta/sa brosse à dents »: offre un argument « logique » imparable à la tendance de votre jeune à inviter des « ami/es » croisés par hasard dans la rue (surtout si vous ne connaissez pas vraiment les parents et l’enfant en question). Bonus: peut fonctionner sur les animaux et les toutous/poupées et éviter de les ramener chez vous.
  • « On ne touche pas un animal si on ne connait pas son prénom »: oblige l’enfant à se retenir d’essayer d’attraper des animaux sauvages (écureils, oiseaux…) et de s’informer auprès d’un humain du nom de l’animal (et du coup si on peut le caresser sans danger). Bonus: est efficace pour éviter de ramener des insectes/escargots/autres bestioles à la maison (voir aussi le coup du pyjama).
  • « Tu ne peux pas savoir que tu n’aimes pas ce plat si tu n’y goûtes pas d’abord »: développe le sens du goût (et de l’aventure) chez l’enfant. Bonus: peut faire découvrir des nouvelles saveurs, mais je dois avouer que ce n’est pas garantie comme efficacité (sauf pour forcer un peu la main à mon fils pour qu’il essaie ce que je lui mets dans son assiette).
  • (mise à jour: 15 août 2016) « Si tu ne le sais pas, qui le saura? »: permet d’obtenir une réponse autre que le sempiternel « Je ne sais pas » à une question (par exemple: « Veux-tu du lait? »). Bonus: fonctionne aussi avec les adultes et les adolescents.

Si vous avez d’autres trucs à partager, n’hésitez pas! C’est rare qu’il y en ait trop…

(Mise à jour: 16 août 2016, parce que j’avais oublié une de mes phrases.)

Brèves 9: La preuve scientifique

Je dois avouer qu’il m’est extrêmement difficile de ne pas m’exclamer bruyamment « Ah! Je l’avais bien dit! » à la suite de la découverte de cet article sur ScienceDaily.

En résumé, on y fait état d’un lien entre des pratiques modernes envers les bébés (dormir seuls dans leur chambre, ne pas répondre « trop » rapidement aux pleurs, etc.) et des problèmes de santé mentale et émotionnelle.

C’est dire que c’est grave. Je m’inquiète pour les bébés en Occident. Quel gâchis.

 

Brèves 8: Pantalons d’accouchement en Malaisie; WTF???

Le ridicule ne tue pas (malheureusement!). Le sexisme non plus.
Voici une nouvelle qui me met dans tous mes états: en Malaisie, on vient de commercialiser des pantalons pour parturiente (à porter pendant l’accouchement). Entre le refus de se faire toucher par un médecin homme de certaines Malaisiennes, l’obligation de se couvrir le corps en permanence (d’où, on en conviendra, une problématique lors de l’accouchement), la honte du corps féminin apparemment courante là-bas (mais attention au piège de se prendre pour mieux ici!), l’évacuation des problèmes très charnels (salissage dudit pantalon durant l’activité – on s’entend qu’il y a aura du liquide amniotique, du sang, de la merde, et pas nécessairement dans cet ordre -, sans compter qu’il faudra bien, à un moment ou à un autre, jeter un oeil sur la progression de la sortie – on le fera à l’aveugle?), je suis écoeurée.

Brèves 7: Nommer la violence obstétricale

Je n’ai pas eu le temps de le lire: je suis encore fébrile de cette découverte. Stéphanie St-Amant a fait une thèse de doctorat à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) sur la violence du système médical lors de l’accouchement. Sur-médicalisation, absence de consentement éclairé avant les gestes médicaux, refus de reconnaître cette appropriation sociale et médical du corps de la parturiente… C’est en plein dans ma ligne de mire.

Je vais lire cet ouvrage, c’est certain, et je vous en ferai des commentaires. En attendant, on peut lire une entrevue de Mme St-Amant sur le magazine PlanèteF.

À suivre!

Référence: ST-AMANT, Stéphanie (2013). Déconstruire l’accouchement: Épistémologie de la naissance, entre expérience féminine, phénomène biologique et praxis technomédicale.Thèse présentée comme exigence partielle au doctorat de sémiologie, Université du Québec à Montréal, 443 p. [En ligne] Adresse URL: https://www.academia.edu/5700272/

Brève 6: reconnaître les avantages des sages-femmes

Entre l’absence de soins de santé adéquats dans certains pays ou régions, et la surmédicalisation dans d’autres, il y a d’autres avenues: ainsi, The Lancet recommande d’utiliser davantage les services des sages-femmes.

À lire ici un résumé en français: http://www.ledevoir.com/societe/sante/411775/maternite-la-science-plaide-pour-les-sages-femmes

Pour l’original en anglais: http://www.thelancet.com/

Brève 5: Comment en perdre le sommeil

Ava Neyer a publié récemment un article dans le HuffPost qui résume les conseils pour faire dormir un bébé: « J’ai lu tous les livres sur le sommeil des bébés ».

Ce qui me fascine le plus, c’est la somme incroyable de directives contradictoires. Voici un extrait, pour vous donner envie d’en lire plus:

« Mettez le bébé dans sa chambre, dans votre chambre, dans votre lit. Le co-sleeping est la meilleure façon d’endormir votre bébé, sauf que ça peut le tuer, donc ne le faites jamais. Si votre bébé ne meurt pas, vous devrez partager le lit jusqu’à la fac. » (Ava Neyer)

Autant dire que c’est une auberge espagnole, ou encore que vous pouvez tout faire et son contraire…

Ceci étant dit, cet exemple ressemble assez à ce qu’on trouve comme information lorsqu’on essaie de régler un problème avec son enfant, que ce soit le dodo, l’allaitement, l’accouchement, ou la gestion des pyjamas.

Personnellement, je favorise la cohérence. Soyez constant dans vos choix: horaires ou pas, cododo ou pas, laisser pleurer ou pas.

Brève 4: De la décoration d’hôpital

Je relisais dernièrement l’excellent Douglas Adams (la désopilante « trilogie de 5 livres » du Hitchiker Guide to the Galaxy) lorsque je suis tombée sur cette phrase:

« The outer steel wall – which was painted in that sickly shade of pale green which they use in schools, hospitals and mental asylums to keep the inmates subdued – (…) » (Douglas Adams, The Restaurant at the End of the Universe, Picador, 1980, p. 136)

(ma traduction): « Le mur extérieur en acier – qui était peint de cette nuance maladive de vert pâle utilisée dans les écoles, les hôpitaux et les asiles de fous pour garder les résidents silencieux – (…) »

 

Couverture de la première édition du Restaurant at the End of the Universe (source de l’image: Wikipédia).

La question demeure: à quoi pensent les architectes ou les décorateurs lorsqu’ils choisissent ce fameux vert pour les hôpitaux? Maintenant que les effets des couleurs sur notre humeur sont plutôt reconnus (voir Doctissimo, entre autres, même si les études n’ont pas l’air parfaitement concluantes), il me semble que les murs devraient être d’une teinte différente de celle des visages des patients.

Et, en passant, le pastel, ce n’est pas pour tout le monde (parce que oui, les jaquettes sont AUSSI assorties aux murs!!!).

À mon avis, l’atmosphère ne fait rien pour aider à guérir dans de telles conditions.

Et je reparlerai du menu une autre fois, qui doit également contribuer à augmenter la longueur des séjours à l’hôpital.

Brève 3: Parce que j’ai trouvé ça très drôle ce matin

Je partage avec vous une image de my-one-favorite-quote.tumblr.com (source inconnue, via Facebook pour ma part).

Voir plus bas pour ma traduction. Source de l’image: my-one-favorite-quote.tumblr.com, via Facebook.

En prime, ma traduction:

« Les règles de la propriété d’un bambin

1. Si je l’aime, c’est à moi.

2. Si c’est dans ma main, c’est à moi.

3. Si je peux te le prendre, c’est à moi.

4. Si je l’avais il y a un instant, c’est à moi.

5. Si c’est à moi, ça ne peut JAMAIS sembler être à toi, de quelque façon que ce soit.

6. Si je fais ou construis quelque chose, tous les morceaux sont à moi.

7. Si ça ressemble à quelque chose que je possède, c’est à moi.

8. Si je l’ai vu le premier, c’est à moi.

9. Si tu joues avec quelque chose et que tu le déposes, ça devient automatiquement ma propriété.

10. Si c’est brisé, c’est à toi. »

 

Oui, définitivement, c’est bien vu!